Quand plusieurs produits d’affilée ont piqué, le réflexe est d’en chercher un meilleur. Le réflexe qui marche est d’en utiliser moins, et de savoir pourquoi.
Commencer par regarder le nettoyant
C’est le produit qui reste le moins longtemps sur la peau et qui fait le plus de dégâts. Un nettoyant trop décapant abîme la barrière chaque matin et chaque soir, et tout ce qu’on applique ensuite tombe sur une peau à vif.
S’il laisse la peau crissante ou tiraillée, changez-le avant de changer quoi que ce soit d’autre. La moitié des sensibilités que nous voyons s’apaisent à cette seule étape.
Ce qu’on cherche sur une étiquette
Une liste courte. Douze ingrédients qu’on comprend valent mieux que cinquante qui promettent tout.
Pas d’huiles essentielles, si la peau réagit. Elles sont actives et allergisantes pour les mêmes raisons, et plusieurs gammes de la boutique revendiquent explicitement leur absence, en visant l’eczéma, la rosacée ou le psoriasis.
Pas de parfum ajouté. « Parfum » ou « fragrance » en fin de liste couvre un mélange non détaillé.
De quoi réparer, pas seulement de quoi calmer. Céramides, squalane, un corps gras. Un apaisant seul soulage une heure ; un réparateur change le terrain.
Les actifs qui vont bien à ce terrain
La centella asiatica, dont les triterpènes soutiennent la réparation de la barrière. Le bisabolol de la camomille, pour les yeux irrités et fatigués. L’allantoïne, discrète et très bien tolérée. L’aloe vera, en secours sur une zone échauffée.
Aucun n’est spectaculaire, et c’est précisément ce qu’on cherche ici.
Tester correctement
Un produit à la fois, pendant deux semaines. Sur une petite zone d’abord, à l’angle de la mâchoire, pendant trois ou quatre jours.
Introduire deux nouveautés le même jour garantit qu’on ne saura pas laquelle a piqué, et qu’on éliminera peut-être la bonne.
Ce qu’un picotement veut dire
Un picotement bref à l’application d’un acide ou d’une vitamine C peut être normal, sur une peau tolérante.
Sur une peau réactive, il ne l’est pas. Une brûlure, une rougeur qui dure plus d’un quart d’heure, une sensation de chaleur : ce sont des signes d’arrêt, pas des signes que le produit travaille.
Quand faire appel à l’institut
Quand la liste des produits supportés se réduit d’année en année, il ne s’agit plus de choisir mieux, mais de réparer. Le diagnostic est le moyen le plus rapide de savoir sur quel terrain on est. Le diagnostic est offert s’il s’inscrit dans une cure, et facturé 50 CHF en bilan seul.